Peinture rupestre © V. Feruglio - MCC
Peinture rupestre © V. Feruglio - MCC

Il y a plus de 35 000 ans, sur les parois de la grotte Chauvet (Ardèche), sur des blocs gravés de Dordogne ou sur les ivoires sculptés des sites du Jura souabe, l’ours apparaît parmi les animaux du bestiaire symbolique des hommes de la préhistoire.

Durant plusieurs millénaires, sur toute la durée du Paléolithique supérieur (jusqu’à environ 13 000 ans avant le présent) son image côtoie celle des grands herbivores sur les parois des grottes et orne les armes, les outils ou les parures du quotidien des hommes. Les ours figurés sont gravés, peints, sculptés, voire même modelés dans l’argile. Les principaux caractères anatomiques de l’animal, comme sa massivité ou la forme de ses oreilles, sont régulièrement exagérés pour en donner un portrait intelligible et interprétable, même s’il n’est pas toujours scrupuleusement fidèle. Dans les grottes l’ours s’affiche parfois, mais plus souvent il se dérobe au regard. Les artistes rendent ainsi l’hommage qui est dû à ce discret « ancêtre de l’homme ». Ces images, reflets des pensées de nos ancêtres, nous renseignent sur sa place dans la société et les croyances des hommes.

Participant(e)(s)
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Elena Man-Estier
Conservatrice du Patrimoine. Service Régional de l’Archéologie, Direction des affaires culturelles de Bretagne, UMR 5199 PACEA, Université de Bordeaux 1.
Elena Man-Estier est spécialiste des comportements symboliques des hommes préhistoriques, elle a consacré sa thèse aux représentations de l’ours au Paléolithique supérieur.
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Patrick Paillet
Maître de conférences, préhistorien. Département de Préhistoire, UMR 7194 (Histoire naturelle de l’Homme préhistorique), Muséum national d'Histoire naturelle.
Patrick Paillet est spécialiste des comportements symboliques des hommes préhistoriques. Il consacre de nombreux travaux et publications sur l’art rupestre en Amérique latine et sur l’art pariétal et mobilier paléolithiques (Magdalénien) en Dordogne.